Patrons de TPE et PME : le syndrome de l’agent 007

Si la souffrance au travail des salariés est quotidiennement évoquée, celle des patrons de TPE/PME et dirigeants elle, reste en coulisses. Elle est considérée comme secondaire par la société, ou vécue comme un tabou par les dirigeants eux-mêmes.

Le costume de l’agent 007

Le chef d’entreprise est emprisonné dans un costume qui lui colle à la peau. Et plus l’entreprise est petite et plus le chef d’entreprise s’y attache comme à une bouée. C’est le costume de l’agent 007.

Celui d’un leader multitâche, qui passe de l’agent commercial à celui de directeur marketing plus vite que l’éclair. Celui qui est capable de gérer le quotidien et de prendre les décisions stratégiques pour l’avenir de son entreprise sans jamais se tromper, sans jamais se plaindre. Avec le sourire.

Il semble évident qu’il y a un fossé entre le fantasme du chef d’entreprise et la réalité vécue par celui-ci, car les patrons de PME sont loin de vivre aussi sereinement leur quotidien.

Dans ces structures, le dirigeant est souvent très proche de ses salariés, il souhaite qu’ils progressent et qu’ils se sentent bien dans l’entreprise. Du coup, il se retrouve dans une situation de double dépendance, non seulement face à sa société qu’il doit faire vivre et rendre compétitive mais également vis-à-vis de ses salariés dont l’emploi et les conditions de travail dépendent de lui.

Alors, quand il doit faire face à certaines situations ou prises de décisions difficiles (licenciement, conflit, harcèlement, prud’hommes) il a du mal à prendre de la distance et subit de plein fouet un profond mal-être et un stress aigu qui à terme, met sa santé en danger.

Des sources de stress multiples avec la solitude en prime

Les principales sources d’inquiétudes des patrons de petites et moyennes entreprises sont les mêmes que celles des salariés (stress intense et/ou répété, surcharge de travail, diminution des délais de traitement des commandes, tensions avec les clients et les fournisseurs). A cela s’ajoute, la gestion du personnel, le poids des responsabilités, la solitude dans la prise de décision, les difficultés de trésorerie, la peur du carnet de commandes vide et au final, la peur de devoir mettre la clé sous la porte.

Des conséquences néfastes

Outre le burn-out qui est omniprésent et qui est la conséquence d’une exposition prolongée à un stress aigu, les problèmes cardio- vasculaires sont courants chez les dirigeants de PME, les problèmes de douleurs également et de fatigue chronique.

A cette souffrance physique, on peut rajouter la souffrance morale, le poids des conventions sociales et des responsabilités qui imposent de faire bonne figure, de ne pas parler de ses problèmes de peur de passer non pas pour un agent 007, mais pour Mr Bean.

Le rôle des réseaux d’entrepreneurs

Les réseaux d’entrepreneurs semblent jouer un grand rôle pour aider les responsables de PME à parler de leur souffrance. La raison principale pour laquelle un dirigeant d’entreprise adhère à un club d’entrepreneurs, est la recherche de nouveaux clients, ce qui est bien légitime.

En revanche, la question de l’entraide intra-réseau, est moins évidente même si elle est mise en avant dans toutes ses structures. Car dans la réalité, c’est le costume de l’agent 007 qui est revêtu. Rien ne filtre.

Les réseaux d’entrepreneurs semblent jouer un grand rôle pour aider les responsables de PME à parler de leur souffrance. La raison principale pour laquelle un dirigeant d’entreprise adhère à un club d’entrepreneurs, est la recherche de nouveaux clients, ce qui est bien légitime. En revanche, la question de l’entraide intra-réseau, est moins évidente même si elle est mise en avant dans toutes ses structures. Car dans la réalité, c’est le costume de l’agent 007 qui est revêtu. Rien ne filtre.

Et pourtant, s’il devait y avoir un endroit où le dirigeant devrait pouvoir parler en toute liberté de ses problèmes, de ses doutes et de ses peurs, ne serait-ce pas le cadre idéal ?

Libérer la parole

Pour que les choses changent, ne faudrait-il pas que chacun puisse prendre la parole sans qu’il se sente jugé ? Les chefs d’entreprise ne trouveraient-ils pas intérêt à développer leur solidarité et, à participer à des groupes d’entraide dédiés à leurs problématiques ? Les professionnels de l’accompagnement ne devraient-ils pas sensibiliser davantage les dirigeants sur ces questions ? C’est en changeant les mentalités, que des solutions peuvent émerger.

Tenté par l’aventure du groupe d’entraide entre entrepreneurs ? FREEdogme est à votre écoute.